Benoît de Nursie (né vers 480 ou 490 à Nursie, (en italien Norcia) en Ombrie, mort en 543 ou 547 dans le monastère du Mont-Cassin1, en latin Benedictus de Nursia), saint Benoît (en latin Sanctus Benedictus de Nursia) pour les catholiques et les orthodoxes, est le fondateur de l’ordre des Bénédictins et a largement inspiré le monachisme occidental ultérieur. Il est considéré par les catholiques et les orthodoxes comme le patriarche des moines d’Occident, grâce à sa Règle qui a eu un impact majeur sur le monachisme occidental et même sur la civilisation européenne médiévale. Il est souvent représenté avec l’habit bénédictin (coule noire), une crosse d’abbé, ainsi qu’un livre. Saint Benoît est fêté le 11 juillet, date de la célébration de la translation de ses reliques à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

Biographie  » Enfance  » : Benoît naît vers 480-490, issu d’une famille noble romaine de Nursie (Norcia, à 110 km au NNE de Rome), en Ombrie. Son père Eutrope, fils de Justinien Probus, de la gens Anicia, est consul et capitaine général des Romains dans la région de Nursie, sa mère Abbondanza Claudia de’ Reguardati di Norcia appartient à la famille Reguardati, des comtes de Nursie. Il a une sœur, ScholastiqueNote 1. Il naît dans une famille chrétienne qui le nomme Benoît, prénom chrétien signifiant bénédiction. Son enfance se déroule à Nursie, où il vit avec ses parents et reçoit une bonne instruction. À cette époque, les enfants de l’aristocratie sont placés sous la direction d’un esclave particulièrement instruit, ce qui fut sans doute le cas de Benoît. Nursie possède alors deux églises où le culte de deux saints est déjà développé : saint Eutychius et saint Florentius. Arrivé à l’âge de l’adolescence, Benoît quitte sa famille, comme la majorité des enfants de la noblesse italienne, pour faire des études libérales. Il part pour Rome, sans doute afin d’y étudier le droit et les lettres classiques, études obligées des jeunes destinés aux responsabilités administratives. Benoît part avec sa gouvernante et arrive à Rome vers l’an 495. La tradition précise qu’ils s’installent sur la rive droite du Tibre, près de l’Aventin, dans ce qui deviendra plus tard l’église Saint-Benoît. Rome est une ville de plus d’un million d’habitants, la paix et la politique intérieure de Théodoric le Grand favorisent l’activité des artistes et des administrateurs romains. L’empereur cherche à embellir et restaurer la ville, et de nombreuses fêtes font de Rome une ville dynamique. Le mode de vie romain et le désordre moral où sombrent ses compagnons choquent rapidement Benoît, qui décide de fuir avec Cyrilla afin de pouvoir se consacrer entièrement à la Bible. Son départ est motivé par la peur de  » tomber dans l’abîme des vices, de l’ambition et de la sensualité « . Il choisit « la science du non-savoir et la docte ignorance ». C’est son fond profondément religieux qui pousse Benoît à quitter Rome et la carrière qui lui était promise. Ils quittent la ville par la Porte Tiburtine et marchent vers le sud. Ils s’arrêtent à Enfide, où ils trouvent refuge dans l’église San Pietro. Enfide (actuellement Affile) est une localité située à 50 kilomètres de Rome, sur le versant des monts Ernici. C’est dans cette localité qu’aurait eu lieu le premier miracle de Benoît : sa servante ayant par maladresse cassé en deux un crible emprunté à une voisine, Benoît prie et l’ustensile se répare sans présenter de trace de fêlure. Ce miracle conduit à sa soudaine popularité, il décide alors de fuir tout son entourage pour « aller dans le désert » dans la localité voisine de Subiaco et y mener une vie érémitique. Dans le récit de Grégoire le Grand, Benoît ne part plus pour fuir le vice, mais « plus avide de souffrir les maux de ce monde que de jouir de ses louanges, d’endurer les travaux pour Dieu plutôt que de s’élever par les faveurs de la vie ». Le départ pour la vie érémitique est une quête de Dieu. Vie érémitique : Un certain jour, alors qu’il est seul, Benoît commence à penser à une femme très belle qu’il a rencontrée lors de son séjour à Rome. Face à cette tentation de retourner dans le monde, il se roule tout nu dans un buisson d’épines et d’orties et s’immunise ainsi contre toute tentation ultérieure. Dans sa quête de solitude, qui ressemble à celle d’Antoine le Grand, Benoît rencontre à Subiaco un moine, nommé Romain, à qui il demande de lui indiquer un lieu peu visible et difficilement accessible. Ce moine lui montre une grotte, au pied d’une falaise, où Benoît s’installe. La grotte sera baptisée plus tard la Sacro Speco, la Sainte Grotte. L’amitié entre le moine et Benoît se concrétise par une aide matérielle : le moine lui apporte régulièrement de la nourriture ainsi que des textes à l’aide d’un panier accroché à une corde et une clochette. C’est ce même moine romain qui donne à Benoît ses premiers habits religieux, le recevant ainsi dans les ordres mineurs. Benoît suit alors le mode de vie des anachorètes, inauguré par Paul de Thèbes et poursuivi par Antoine le Grand, Jérôme de Stridon, Basile de Césarée, assez courant dans le monde romain depuis le IIIe siècle. La vie érémétique de Benoît s’arrête au bout de trois ans, quand le moine Romain ne vient plus le visiter, peut-être pour cause de décès. C’est au cours de la nuit de Pâques, alors que Benoît a perdu toute notion de calendrier, qu’un curé de campagne est incité en songe à lui apporter de la nourriture. Il écoute la voix du songe et, peu après, parle de Benoît autour de lui. La renommée de Benoît croît et de nombreuses personnes des alentours lui rendent visite. Peu de temps après, des moines ayant perdu leur supérieur demandent à Benoît de devenir leur abbé. Après avoir décliné une première fois l’invitation, il se laisse finalement convaincre et décide alors de quitter sa grotte pour Vicovaro.

Premier abbatiat à Vicovaro : C’est vers 510, que Benoît devient abbé pour la première fois. Très vite il se rend compte que sa communauté de Vicovaro ne respecte pas rigoureusement la règle de saint Pacôme qui avait organisé les premières communautés religieuses. Benoît cherche à y restaurer l’ordre, en rétablissant l’autorité et les pénitences. Très vite les moines regrettent de l’avoir élu abbé. Ils cherchent alors à l’empoisonner en mélangeant des herbes vénéneuses à son vin. Lors du bénédicité, Benoît fait un signe de croix et sa coupe de vin se brise. Sans violence, il décide de partir et de retrouver la solitude de sa grotte. Benoît semble soulagé de retourner à sa retraite : « Il revint alors au lieu de sa chère solitude et, seul sous le regard de Celui qui voit d’en-haut, il habita avec lui-même ».

Fondation des premiers monastères : Alors qu’il vit retiré dans sa grotte, il voit venir à lui quantité de disciples désireux de « servir avec lui le Dieu tout-puissant ». Il quitte sa grotte et décide de s’installer avec ses disciples en bordure d’un lac, à Subiaco, où il restera entre vingt et trente ans. La fondation d’un monastère est régie depuis le concile de Chalcédoine par l’autorisation de l’évêque. Benoît a donc sans doute reçu l’approbation de l’évêque du lieu pour fonder cette communauté. Pour tout ce monde, il construit douze maisons, avec – pour chacune – douze moines et un abbé. Lui-même, Benoît, demeure dans une treizième maison, se chargeant d’y former les jeunes recrues. Parmi les jeunes gens venus se présenter, il y en a « de bonne espérance » : Maur, qui devient rapidement son auxiliaire, et le tout jeune Placide. Chaque nouvelle maison, ou petit monastère, est confiée au patronage d’un saint. Benoît s’inspire en grande partie de l’exemple de Sabas le Sanctifié. Mais il refuse les dérives des communautés cénobitiques d’Orient, car il est opposé à leurs pénitences excessives. Il insiste sur la nécessité de l’humilité plutôt que sur les mortifications. Dans Dialogues, Livre II, Grégoire le Grand rapporte quelques prodiges survenus sur le site de Subiaco : au chapitre V : Trois des petits monastères, situés au haut d’une montagne, manquent d’eau. Les occupants désirent changer d’emplacement, mais Benoît leur recommande de frapper le sol à l’endroit qu’il a marqué de trois pierres, et le lendemain en jaillit une source abondante, au chapitre VI : Un Goth attiré par la vie monastique, pauvre d’esprit mais acharné au travail, occupé à débroussailler sur le bord du lac, frappe si fort de sa faucille que le fer se détache et tombe dans l’eau profonde. Informé de l’incident, Benoît s’approche du lac, prend le manche de l’outil et le dépose dans l’eau: la lame remonte des profondeurs et se réajuste sur le manche, au chapitre VII : Le petit Placide, en puisant l’eau du lac, y tombe et est entraîné très loin du rivage. Benoît, de sa cellule, voit la chose et ordonne à Maur de courir au secours de l’enfant. Maur s’en va en hâte et court sur l’eau ; après coup seulement il se rend compte du miracle, miracle que Benoît attribue à l’obéissance de son disciple, tandis que celui-ci l’attribue à l’ordre de son abbé. Placide, quant à lui, attribue le prodige à Benoît car, « au moment où j’ai été tiré de l’eau, j’ai vu au-dessus de ma tête le manteau de l’abbé, et j’avais l’impression que c’était lui qui me tirait de l’eau ». Sa piété et sa renommée attirent de plus en plus de personnes auprès de Benoît, au point qu’un des prêtres de la région, Florentius, jaloux de son influence, cherche à en diminuer l’éclat : il calomnie Benoît, puis interdit à ses paroissiens d’aller le voir. Il envoie à Benoît un pain empoisonné, destiné à être béni et partagé, pratique chrétienne appelée eulogie. Benoît, soupçonnant la malveillance de Florentius, présente le pain à un corbeau apprivoisé et lui ordonne d’emporter au loin le funeste cadeau. Après avoir évité la tentative d’empoisonnement par le vin, Benoît déjoue le complot d’empoisonnement par le pain. Enfin, Florentius envoie sept femmes païennes nues danser aux abords des monastères, afin de réveiller le désir sexuel des jeunes moines. Devant l’hostilité de Florentius, Benoît, accompagné de quelques moines, décide de quitter Subiaco, laissant au frère Maur la charge des moines restants. Au moment de son départ, Benoît apprend que le père Florentius vient juste de décéder dans l’écroulement de sa maison et pleure cependant la mort de son ennemi. Il ne modifie pas sa décision de quitter ce lieu hostile, craignant pour la vie de ses moines.

Occupation du Mont Cassin : De Subiaco, Benoît et ses compagnons partent (en 529 ?) vers un bourg au flanc d’une montagne, dans une région plus aride et alors moins christianisée, pour s’installer au lieu-dit Cassino, le Mont Cassin. Ce lieu avait été un camp de la légion romaine. Dans un bois des environs, vit un moine ermite prénommé Martin. Pour résister à l’attrait du monde, il vit attaché à un arbre. Arrivé sur place, Benoît le convainc de détacher ses chaînes afin de vivre pour Dieu par amour, et non par crainte du monde. L’ermite accepte et devient l’un de ses moines. Par ailleurs, les moines diffusent le Christianisme auprès des habitants des alentours. Certains bois sont des lieux de culte et de dévotion aux anciens dieux et, lors de la construction de l’abbaye, des murs s’effondrent à plusieurs reprises, « poussés par les démons » disent les biographes. Ces lieux avaient abrité un ancien temple d’Apollon et de Jupiter. Selon les biographies orales sur saint Benoît, les manifestations démoniaques cessent après la découverte et la destruction des idoles trouvées sur place. Avec les anciennes pierres des temples, les moines élèvent une chapelle dédiée à saint Martin de Tours, et un oratoire est placé sous la protection de saint Jean le Baptiste. Le récit de la vie de Benoît le montre faisant face aux difficultés et aux manifestations démoniaques par la prière.

Construction du monastère de Terracine : Un homme pieux demande à Benoît d’envoyer des moines pour ériger un monastère dans son domaine situé près de la ville de Terracine, dans le Latium. Accédant à sa demande, Benoît forme une délégation de frères conduite par un Père et son second, avec pour mission de concrétiser le projet. Avant leur départ, Benoît leur promet d’être auprès d’eux, un jour donné, pour désigner l’emplacement de chacune des pièces du monastère. La nuit précédant le jour promis, Le Père et son second reçoivent en songe – avec beaucoup de détails et une étonnante précision – tous les renseignements attendus. Peu convaincus de la fiabilité de leur vision, ils attendent cependant la présence physique de Benoît. « Ne vous suis-je pas apparu à l’un et à l’autre pendant votre sommeil et ne vous ai-je pas désigné chaque endroit ? ». Ce fut le dernier monastère à la construction duquel participa Benoît.

Miracles, prodiges et prophéties : Voir à la section ‘Liens externes’, « De la vie et des miracles du saint abbé Benoît », Dialogues, livre second, par saint Grégoire le Grand. Les Dialogues de Grégoire relatent que durant la construction du monastère du Mont-Cassin, le démon rend une pierre tellement lourde que les frères ne parviennent pas à la déplacer, jusqu’à ce que la prière de Benoît intervienne. C’est encore le démon qui, dans la cuisine où l’on a déposé une idole trouvée en terre, donne l’illusion d’un incendie; la prière de l’abbé guérit les frères victimes de cette hallucination. Le diable fait s’écrouler un mur sur un jeune moine; la victime est bien mal en point, mais Benoît accourt, prie, et le moine peut se remettre aussitôt au travail. Ces mêmes Dialogues relatent qu’au cours des années qui suivent, la vie de Benoît est marquée par une perception surnaturelle et le don de prophétie. À plusieurs reprises, il a la connaissance mystérieuse d’une infraction aux règles, celle d’un moine qui aurait conservé des dons, oubliant de ce fait le vœu de pauvreté, celle d’un autre moine qui a oublié de jeûner, etc. La réputation de prophète de Benoît incite le roi ostrogoth Totila à vouloir le rencontrer. Mais le jour venu, il envoie à sa place son écuyer Rigo, revêtu des habits royaux et entouré d’une escorte royale. Dès que Benoît aperçoit Rigo, il lui crie de loin « Mon fils, laisse là ce que tu portes : ce n’est pas à toi. » Tout penaud, Rigo rapporte la chose à son maître, lequel alors rencontre Benoît, qui lui reproche vivement sa cruauté lors de ses combats et prophétise son règne de neuf ans et sa mort la dixième année. Le récit décrit de nombreuses prophéties de Benoît notamment sur le Mont-Cassin et sa future destruction. Grégoire rapporte que Benoît avait assuré à l’évêque de Canosa que Rome ne serait pas anéantie par les Barbares, mais ébranlée par les tempêtes, les cataclysmes, les cyclones et les tremblements de terre. Autre prophétie que Benoît fit un jour « Tout ce monastère que j’ai construit,(…) a été livré aux païens par un jugement de Dieu tout-puissant. À peine ai-je pu obtenir que les vies me soient concédées. » Dans la destruction, en 589, du Mont-Cassin par les Lombards, pas un moine n’a été tué. Enfin, l’année de son trépas (547), il prédit à quelques frères le jour de sa mort. Six jours avant, il fait ouvrir sa tombe. Quand la fièvre le prend, il se fait porter à l’oratoire, communie, puis appuyant ses membres affaiblis sur les bras de ses disciples, se met debout, les mains levées au ciel et, dans un dernier souffle, murmure des prières. Ce jour-là, deux frères ont une vision identique : celle d’une voie jonchée de tapis et brillant d’innombrables feux qui, droit vers l’orient, va de la cellule de Benoît jusqu’au ciel. Benoît sera enseveli dans l’oratoire de Saint-Jean-Baptiste qu’il avait fait ériger sur le Mont-Cassin, à l’emplacement du temple d’Apollon.

Réminiscences bibliques : Au cours du séjour de Benoît à Subiaco et au Mont-Cassin, nombre de miracles relatés par Grégoire le Grand ne sont en réalité que la répétition de miracles analogues de l’Ancien et du Nouveau Testament, en particulier des miracles attribués aux prophètes Élie et Élisée. Quelques exemples illustrent ce constat. Le départ de Benoît pour plaire à Dieu, rappelle le départ d’Abraham16 qui quitte sa terre et sa famille. Le premier miracle mentionné dans la vie de Benoît et qui survient à Enfide, rappelle le premier miracle de Jésus aux noces de Cana : Jésus débute la série de miracles par compassion pour une femme, sa mère. Dans cet épisode, Benoît commence de même ses miracles par compassion pour sa nourrice, qui est comme une mère pour lui. Benoît, à travers ce miracle, ressemble au Christ. La source jaillissant à l’endroit marqué de trois pierres par Benoît, pour alimenter en eau trois monastères, renvoie à Moïse dans le désert, qui, lors de l’exode, fait jaillir de l’eau18 du rocher d’Horeb. La tentative d’empoisonnement perpétrée par le prêtre Florentius rappelle la trahison de Judas Iscariote : le baiser, censé être un signe d’affection et d’amitié, est le signe de la traîtrise de Judas. Dans le récit de la vie de Benoît, ce baiser est remplacé par l’offrande du pain. De même la présence du corbeau obéissant à Benoît rappelle la vie du prophète Élie, qui reçoit dans le désert le pain d’un corbeau. Le prodige de Maur, délégué par Benoît pour sauver de la noyade le petit Placide, renvoie au récit biblique de Jésus marchant sur les eaux21 du lac de Génésareth et invitant Pierre à faire de même. Benoît prédit l’avenir et prévoit les futures catastrophes, comme Élie et Élisée Le jour de son trépas, deux frères observent une traînée lumineuse allant de la cellule de Benoît, droit vers l’orient jusqu’au ciel. Ce phénomène rappelle la montée au ciel d’Élie24 dans un char de feu. Benoît se roule tout nu dans les orties et les épines pour chasser le souvenir d’une femme très belle et neutraliser la tentation de la chair, rappelant ainsi la fuite de Joseph devant la femme de Putiphar. Le Christ épingle le geste d’amour de Marie-Madeleine au banquet chez Simon, thème mis en relation avec l’épisode Benoît démasque le faux Totila et reconnaît le vrai. L’épisode de la lame de faucille réunie miraculeusement à son manche renvoie au prophète EliséeB. Benoît ayant la connaissance mystérieuse d’infractions aux règles, révèle des fautes cachées comme le fait le prophète Élisée
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